Interview de Michel Debray par Lady Sputnik,Journal du MILKY WAY.

 

JOURNAL DU MILKY WAY

Interview de Michel Debray par Lady Sputnik

Qui êtes-vous ?

Homo sapiens demens.

 

Que représente l’art pour vous ?

Une façon de se désennuyer. L’idée étant de faire de sa vie une manière d’œuvre d’art ne serait-ce que pour soi-même.

Que représente la musique pour vous ?

Un accompagnement, comme l’air, la lumière.

Que représente pour vous l'écrit, la poésie en particulier ?

« Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu » (jules Renard). Il m’arrive parfois de penser de façon typographique : je perçois parfois ma pensée comme un texte. La poésie est une manière d’être, rien à voir avec des plaquettes de poèmes. Du reste le mot plaquettes, comme le mot globules a une connotation médicale.

Vous êtes un artiste plasticien qui aimez peindre en particulier les femmes ? Pouvez-vous nous parler de votre attrait pour l'Erotisme ?

Je suis né en novembre. Je suis donc du signe du Scorpion. Je revendique ma picarditude. La sexualité est au fond la seule chose qui m’intéresse car le sexe, c’est la Vie. Rien n’est sacré en dehors de la Vie. Un monsieur en pagne, crucifié, est pour moi une icône mortifère. Il n’y a rien après la vie, rien de plus que ce qu’il y avait avant la naissance. Pas de salut, pas d’évangile, pas de bonne nouvelle, pas de karma. Il n’y a que cette vie. Fugitive. Dont nous devons faire une sorte d’œuvre d’art grâce à l’amour, au sexe et à une certaine morale personnelle. Je me définis comme libre, libertaire et libertin au sens où on l’entendait au Siècle des Lumières.
Les corps féminins et leurs atours me sont un éternel enchantement. Que je sois censuré, insulté, vilipendé m’est indifférent. Et venant de certains, cela m’apparaît parfois comme des compliments. Ma peinture a, de toutes façons, une force qui lui fera résister à l’assaut du temps. Qu’une de mes toiles plaise à UNE femme et je suis récompensé. Face à l’absurdité et à la beauté tragique et superbe de la vie, je suis désormais tranquille et serein.
La relation peintre-modèle est unique, singulière, spécifique. Elle peut être très différente du sempiternel cliché concernant l’appétit sexuel des artistes abusant de leur modèle. Il s’agit le plus souvent d’un vrai travail de pose, souvent éreintant pour les deux protagonistes. Il se peut que le désir soit là. Il se peut qu’il y ait passage à

l’acte, mais dans ce cas cela se passe au « feeling », dans la complicité et la connivence partagées...Une femme peut avoir son mari, son amant et de la même façon son photographe, son peintre, son sculpteur. Il y a un jeu subtil de séduction, de soumission, d’offrande, comme dans l’acte amoureux. Même s’il ne se passe rien, comme on dit. Mais mon œil exercé repère les modifications physiologiques pendant la séance. Celles qui m’ont fait l’honneur et la grâce de poser pour moi étaient presque toutes novices en la matière. Leur rapport à leur corps, à leur féminité, à leur séduction en a été changé. Il s’agit parfois d’une vraie thérapie...

Parlez-moi de vos vidéos

L’idéal serait de dire les textes, les chansons comme les poésies en public. Mais le public est souvent inattentif, il ne tient pas la longueur. La vidéo permet de toucher un public différent qui a l’avantage d’être loin et la plupart du temps inconnu.

Parlez-moi de vos écrits

J’ai écrit 3 essais et plus de 10 romans. L’écriture reste comme la masturbation un plaisir solitaire. Dans un roman l’auteur est le démiurge même s’il est vrai que les personnages finissent par avoir une vie propre mais l’auteur garde sur eux un pouvoir de vie et de mort. Quand j’écris un roman, je suis littéralement ailleurs.

Que représente Radio87 pour vous ?

Le média de ma jeune jumelle Candy ming qui me fait l’honneur de m’accepter dans son monde un peu foutraque que j’adore infiniment.

Parlez-nous de vos projets ?

Aimer et apprendre à affronter la mort.

    Société Protectrice des Artistes Abandonnés

    Société Protectrice des Artistes Abandonnés

    SPAA (Société Protectrice des Artistes Abandonnés) dont le slogan est artiste laissée sur le carreau, sacre numéro.